Plus de 200.000 IVG (Interruptions Volontaires de Grossesse) sont pratiquées chaque année en France. Ce nombre est stable depuis la promulgation de la loi Veil de 1975. Paradoxalement à ce taux d’IVG très élevé, le taux d’utilisation d’une contraception en France est parmi les plus élevés d’Europe.
Le délai légal de recours à l’avortement en France est de 12 semaines d’aménorrhée (absence de règles). Ce délai n’est pas le même pour tous les pays. Ainsi, rien qu’en Europe, on observe de nombreuses disparités entre les différents États, où l’avortement n’est d’ailleurs pas toujours légal. L’Espagne par exemple a fixé le délai maximal de recours à 22 semaines d’aménorrhée, et un avortement ne peut être envisagé que dans certaines circonstances bien précises (malformations fœtales, risque pour la santé de la mère par exemple). De telles disparités induisent inévitablement une fuite de certaines femmes vers des pays étrangers lorsque celles-ci ont dépassé le délai légal français, où ce délai est plus élevé qu’en France.
Il existe à ce jour plusieurs méthodes d’avortement. La prise d’un médicament peut induire un avortement (cas du RU 486, une molécule chimique très utilisée induisant des contractions de l’utérus pour éliminer le fœtus). Le recours à la chirurgie (méthode par aspiration du fœtus par exemple) est aussi une possibilité.
Au-delà d’un simple acte chirurgical ou médicamenteux visant à avorter, l’IVG peut avoir des conséquences psychologiques non-négligeables sur la femme la pratiquant. Parfois contraintes à y recourir pour ne pas donner naissance à un enfant dont elles ne pensent pas pouvoir assumer l’entière éducation, certaines femmes restent profondément marquées par un tel épisode et voient leur vision de la maternité négativement altérée. Un suivi psychologique est parfois nécessaire pour aider la femme à reprendre confiance en elle et à surmonter une telle épreuve. L’IVG reste néanmoins une véritable libération pour les femmes. La notion de choix amenée par la loi Veil en 1975 a permis à des milliers de femmes à ce jour de mener leur vie comme elle l’entendait, sans avoir à mettre fin à un rêve, à une carrière ou encore à des études pour élever un enfant non désiré. La possibilité de choisir quand on veut un enfant est un privilège des pays développés.
Néanmoins, un réel débat éthique existe autour de l’IVG depuis sa légalisation en 1975. Certains considèrent en effet qu’un enfant en gestation est un être vivant et que l’avortement est donc criminel. La libre interprétation du droit de vie et de mort sur un fœtus est inhérente au concept même de l’IVG.
On peut toutefois déplorer le comportement irresponsable de certaines femmes qui ont fait de l’IVG un geste quasi-routinier, une solution miracle qui évite d’avoir à prendre des mesures contraceptives.
On a relevé que près de deux grossesses sur trois surviennent chez des femmes déclarant utiliser une contraception. Cela soulève la problématique de la bonne adéquation entre la méthode contraceptive et le mode de vie des femmes. Certaines trouvent la prise quotidienne de pilule contraignante et source d’oubli. Les méthodes modernes qui existent aujourd’hui comme le patch contraceptif ou l’anneau peuvent représenter une solution à ce problème d’oubli. Un seul oubli de pilule pouvant en effet être à l’origine d’une grossesse non-désirée, la simplicité d’utilisation et la sécurité contraceptive prolongée assurée par les méthodes modernes pourraient permettre la diminution du taux d’IVG actuel. Ces méthodes modernes sont par ailleurs particulièrement adaptées aux jeunes filles débutant une contraception, aujourd’hui de plus en plus exposées à l’avortement. Pour plus d’informations, parlez-en à votre gynécologue, votre médecin généraliste ou consultez les rubriques de La Santé au Féminin consacrées à ces méthodes modernes.
Pour pratiquer une IVG, il faut prendre contact avec un hôpital public, une clinique privée ou un planning familial.
Pour plus d'information, connectez vous au site Internet du planning familial : www.planning-familial.org
Sources :
COD 09 012-INT-Août 2009