Les médecins préfèrent parler d’infertilité (difficultés à procréer) plutôt que de stérilité (inaptitude à la procréation définitive). En France, environ un couple sur six va consulter pour un problème d’infertilité. Grâce à différents examens et tests, la cause de l’infertilité peut être déterminée dans 90% des cas, ce qui permet d’établir un traitement pour y remédier.
L’origine des troubles de l’ovulation sont multiples et peuvent venir : d’une anomalie de commande venant du système nerveux (hypothalamus et hypophyse), d’une anomalie venant des ovaires, de causes médicales plus générales.
Pour un trouble d’origine nerveuse, il s’agit de l’étage de commande hypothalamus hypophyse qui fonctionne mal. L’hypothalamus et l’hypophyse sont des petites formations nerveuses situées à la base du cerveau qui stimulent les ovaires aux différents moments du cycle. Les raisons d’un tel dysfonctionnement peuvent être multiples : un stress, une contrainte, un examen ou même un voyage suffisent pour dérégler un cycle.
Pour explorer un trouble de l’ovulation, on peut étudier la courbe de la température, réaliser des dosages hormonaux ou une échographie pelvienne.
Les traitements visent à rétablir une ovulation normale et le maintien de l’œuf. Il existe des traitements de stimulation ovarienne.
Parfois, la trompe (lieu de rencontre de l’ovule et du spermatozoïde) est obstruée, voir totalement bouchée. Si cette anomalie survient au niveau du pavillon, la trompe est incapable de recueillir l’ovule lorsqu’il est expulsé par l’ovaire pendant l’ovulation.
La paroi des trompes peut être altérée et ne peut plus remplir ses fonctions de propulsion et de nutrition de l’œuf.
Les altérations des trompes sont une cause majeure de l’infertilité féminine. Elles ont le plus souvent un rapport avec une maladie infectieuse : une salpingite en rapport avec une MST (maladie sexuellement transmissible).
L’endométriose touche aussi souvent les trompes et peuvent réduire leur fonctionnement.
La glaire cervicale (produite par le col de l’utérus) est indispensable à la survie et à la progression des spermatozoïdes dans les voies génitales féminines. Sa structure se présente comme les mailles d’un filet, ces mailles sont plus ou moins serrées en fonction du moment du cycle. En période pré-ovulatoire, elles sont normalement peu serrées pour permettre le passage des spermatozoïdes et ainsi une éventuelle fécondation.
Le plus souvent, les problèmes d’infertilité liés à la glaire cervicale sont dû au fait que celle-ci soit d’aspect ou de quantité anormale.
Si l’infertilité est due à une anomalie de la glaire cervicale, on peut court-circuiter le col de l’utérus en réalisant une insémination artificielle, c'est-à-dire en injectant directement les spermatozoïdes dans l’utérus.
Dans certains cas, l’ovulation et la fécondation se réalisent correctement mais l’œuf n’arrive pas à s’implanter dans l’endomètre (la muqueuse utérine). Cela peut provenir de deux raisons :
Pour que le sperme soit fécondant, il faut qu’il ait suffisamment de spermatozoïdes qui présentent une bonne vitalité et une morphologie normale.
Quand il y a peu de spermatozoïdes, on parle d’oligospermie. Quand ils ont une mobilité insuffisante, on parle d’asthénospermie. Et on parle de tétrazoospermie lorsqu’il y a beaucoup de formes anormales.
Parfois l’éjaculat ne contient pas de spermatozoïdes, il s’agit d’une azoospermie. Ce problème est dû à des testicules qui fonctionnent correctement mais avec des canaux excréteurs qui ne fonctionnent pas (azoospermie excrétoire), ou à des testicules qui ne produisent aucun spermatozoïde (azoospermie sécrétoire).
Sources : 800 questions au gynécologue, Dr Alain Tamborini aux éditions MARABOUT
GYN 10 007-INT-juin 2010