Mes maux de femme

L'endométriose

L’utérus est composé de deux tissus : l’endomètre, et le myomètre, qui est un muscle. Parmi les nombreuses pathologies spécifiques de la femme, il y a l’endométriose. Elle est caractérisée par la migration au-delà de la cavité utérine de tissus possédant les caractères morphologiques et fonctionnels de l’endomètre. L’origine de cette maladie est mal connue.

Cette pathologie se décline en deux formes selon les zones atteintes par du tissu utérin :

  • l’endométriose interne, qui touche le muscle utérin ;
  • l’endométriose externe, qui touche le péritoine (un tissu entourant les organes abdominaux) et les ovaires.

Epidémiologie

Il est actuellement impossible de savoir précisément combien de femmes sont touchées par cette pathologie. En effet, le diagnostic de cette affection impose non seulement la visualisation complète du pelvis, mais aussi la biopsie des lésions pour être certain de leur nature. Néanmoins, on estime que 10 pourcent des femmes souffrent d'endométriose en France. Pourtant, toutes ne sont pas diagnostiquées, car il s’agirait de formes peu étendues. L’endométriose est responsable de près de la moitié des règles douloureuses (dysménorrhées). Sa fréquence augmente avec l'âge et elle touche principalement les femmes vers l’âge de trente ans. Elle peut néanmoins se rencontrer chez l'adolescente. Elle est plus rare en cas de prise d'une contraception œstro-progestative, et plus fréquente en cas de ménopause tardive ou chez les femmes ayant eu leurs premières règles tôt.

Une maladie évolutive

L’endométriose n’est pas une affection maligne, mais elle est évolutive. Toutes les particules de muqueuse utérine qui vont migrer en dehors de leur zone normale d’occupation vont être soumises aux mêmes modifications au cours du cycle menstruel que les cellules utérines. Des saignements vont donc apparaître à partir des îlots de cellules utérines ayant migré, par exemple dans les ovaires ou dans le péritoine. L’endométriose est une pathologie hormono-dépendante : elle va évoluer au rythme des cycles de la femme.

Symptômes

Cette pathologie provoque quasiment dans tous les cas des troubles tels que douleurs pelviennes chroniques, cycliques ou permanentes. Au début de la maladie, elles ont essentiellement lieu lors des règles, dans certaines situations comme la miction ou la défécation, ou encore après un rapport sexuel. Néanmoins, une douleur très intense n’est pas forcément le signe d’une atteinte grave, et inversement. Il est à noter qu’une grande fatigue et des fluctuations de l’humeur assez intenses peuvent également survenir.

Endométriose et stérilité

La stérilité existe chez 30 à 50 pourcent des femmes souffrant d’endométriose. La maturation de l’ovule, l’ovulation et la fécondation peuvent être rendues difficiles par les inflammations répétées induites par l’endométriose, et donc contribuer à l’infertilité chez la femme atteinte.

Diagnostic

Suite à un entretien avec la patiente, des examens peuvent être mis en place afin de confirmer le diagnostic du médecin. L’échographie permet d’identifier les éventuels kystes d’endométriose présents sur les ovaires. Une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) permet également de mettre en évidence des foyers d’endométriose. Il existe également comme méthode de diagnostic la laparoscopie, qui consiste à explorer la cavité abdominale à l’aide d’une caméra, après avoir légèrement incisé l’abdomen.

Traitements

L’utilisation d’antalgiques permet la disparition des symptômes et des troubles.
Un traitement hormonal ciblé est préconisé pour « assécher » les foyers d’endométriose, en inhibant la synthèse d’estrogènes et de progestatifs. Ce traitement peut être un progestatif à forte dose, un oestroprogestatif à forte dose (pilule), ou un traitement créant une ménopause transitoire. L’ablation chirurgicale au laser de l’endométriose est également une solution, comme l’hystérectomie ou ablation de l’utérus.

COD 09 008-INT-Mars 2009